Crédit d'impôt jeu vidéo (CIJV) : ce qu'il couvre, et ce qu'il ne couvre pas

Un studio français qui développe un jeu peut relever de deux dispositifs à la fois — le CIJV pour la création du jeu, le CIR ou le CII pour les travaux de recherche ou d'innovation qui le rendent possible. Ce ne sont ni les mêmes dépenses, ni la même procédure.

Le principe

Le CIJV est un crédit d'impôt de 30 % des dépenses éligibles, plafonné à 6 M€ par exercice et par entreprise. Il s'adresse aux entreprises soumises à l'impôt sur les sociétés qui assurent la réalisation artistique et technique du jeu, et qui en engagent les dépenses.

Contrairement au CIR, il ne se déclare pas seul : il suppose un agrément du CNC, provisoire au lancement du projet puis définitif à son achèvement. L'agrément provisoire vérifie que le jeu remplit les conditions — notamment un coût de développement minimal, une contribution au développement de la création française et européenne appréciée par un barème de points, et l'absence de contenus exclus.

La loi de finances pour 2025 a prorogé le dispositif au-delà de son échéance initiale de 2026. Les conditions et le barème du CNC évoluent : la demande d'agrément se prépare sur les textes en vigueur à la date du dépôt.

Ce qui entre dans l'assiette

  • Les rémunérations des personnes affectées à la création du jeu, et les charges sociales correspondantes.
  • Les amortissements des immobilisations affectées à la création du jeu.
  • Les dépenses confiées à d'autres entreprises, dans une limite propre au dispositif — c'est le poste qui réserve le plus de mauvaises surprises.
  • Les autres dépenses de fonctionnement, retenues forfaitairement à partir des dépenses de personnel, comme au CIR mais avec son propre taux.

CIJV et CIR : une même dépense ne compte qu'une fois

C'est la règle qui décide du montage. Une dépense retenue au CIJV ne peut pas l'être au CIR, et réciproquement. Un studio a donc trois arbitrages à faire, projet par projet :

  • Ce qui relève de la création du jeu — game design, graphismes, level design, intégration : c'est le terrain du CIJV, jamais celui du CIR.
  • Ce qui relève de la recherche — un moteur de rendu qui lève une incertitude scientifique, un algorithme d'IA dont le résultat n'était pas acquis : c'est le terrain du CIR, avec son dossier technique et son état de l'art.
  • Ce qui relève de l'innovation — un prototype de nouveau produit qui se distingue par ses performances, sans démarche de recherche : le CII, réservé aux PME.

L'arbitrage se fait sur les heures, pas sur les projets : la même personne passe souvent d'un registre à l'autre dans le même mois. C'est ce qu'une feuille de temps sérieuse permet de démontrer, et c'est ce qu'un contrôle vérifie en premier.

Ce que fait la plateforme aujourd'hui

Oui Fund calcule le CIR et le CII, pas le CIJV : l'assiette, les taux et l'agrément CNC obéissent à des règles distinctes. Un studio de jeu vidéo y trouve en revanche ce qui décide de la frontière entre les deux dispositifs — le temps par salarié et par projet, l'affectation des amortissements, le suivi des dépenses confiées à des tiers — et un consultant qui l'aide à séparer les heures de création des heures de recherche avant de déposer quoi que ce soit.

Comment se calcule le CIR · La feuille de temps attendue · Poser la question à un consultant